Trois questions à… Mohamed Cheiko Hassan, Préfet de Dikhil

Publié le 14 juin 2016

« Nous sommes optimistes quant aux perspectives de développement de notre région »

La Nation : Monsieur le préfet, parlez-nous de la région de Dikhil que vous dirigez depuis quelques années. Quelles sont les perspectives de développement de cette région ?

Comme vous le savez sans doute déjà, de nombreux projets ambitieux visant à déclencher une nouvelle dynamique économique et surtout à résorber le chômage des jeunes seront bientôt mis en œuvre dans la région de Dikhil;

L’accès à l’autonomie énergétique, la diversification de l’économie, la promotion de l’industrie, le développement de l’entreprenariat, l’amélioration des productions agricoles, sont autant de défis inscrits dans l’agenda politique du chef de l’Etat. Il faut préciser que tous ces projets pourront être concrétisés grâce à la politique de développement de l’accès à l’autonomie énergétique, lancée par le gouvernement djiboutien, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, dont la construction d’une première centrale électrique de 300 MW est en cours à Doudoub-Balala.

La construction de nombreuses autres centrales électriques solaires, géothermiques et éoliennes est également en perspective dans un proche avenir, au Lac-Abhé, au lac Assal, etc., dans le cadre d’un ambitieux programme visant à produire 100% des besoins électriques à partir des énergies renouvelables d’ici 2020.

La Nation : La région de Dikhil est renommée pour ses potentialités agricoles. Quelle est aujourd’hui la situation dans ce domaine d’activités ?

Comme vous le savez, la région de Dikhil est connue comme étant un grenier potentiel du pays. Les Dikhilois sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à investir dans ce secteur d’activités qui est aujourd’hui en plein essor. Les agriculteurs associent souvent la culture des terres et l’élevage. On trouve de plus en plus de fermes agro-pastorales dans lesquelles on élève des chèvres, des moutons et des zébus qui se nourrissent de fourrages cultivés et stockés sur place.

Par ailleurs, le gouvernement djiboutien a fait du développement de l’agriculture l’une de ses principales priorités dans le souci d’assurer la sécurité alimentaire et surtout de rendre ce secteur générateur d’emplois.

Dans ce cadre, le gouvernement djiboutien, avec l’assistance des partenaires au développement, apporte aux agriculteurs un appui matériel et technique permanent. Et les productions agricoles des exploitations de la région, composées de légumes tels que tomates, oignons, légumes verts, condiments, etc., mais aussi des fruits comme le melon, les pastèques et des dattes ou encore le moringa, qui est une espèce contenant des nutriments importants et utilisé tant par les hommes que par les cheptels, se vendent sur les marchés locaux et ceux de la capitale.

La Nation : Quels seront les impacts de l’accès à l’autonomie énergétique dans le domaine de l’agriculture ainsi que dans les autres domaines d’activités économiques?

L’accès à l’autonomie énergétique permettra de réduire de façon significative le coût de l’énergie. Ce qui aura sans aucun doute des répercussions positives tant dans le domaine de l’agriculture que dans tous les autres domaines d’activités.

En effet, nous savons que l’une des principales difficultés des agriculteurs est le l’accès à l’eau, avec l’utilisation des motopompes fonctionnant à l’aide de carburant. Grâce à l’utilisation des énergies renouvelables, les agriculteurs pourront avoir un meilleur accès à l’eau et donc augmenter le volume des productions agricoles.

Ceci qui permettra au secteur de l’agro-élevage de devenir un levier économique capable de participer au développement du pays et de contribuer à la lutte contre l’exode rural et la pauvreté en milieu rural.

D’autre part, la réduction du coût de l’énergie permettra également de promouvoir les autres domaines d’activités économiques à fort potentiel de création d’emplois tels que l’industrie de transformation.

De plus, cette politique favorisera également la création massive des petites et moyennes entreprises qui, comme nous le savons, représentent le moteur de la croissance et qui contribueront à la réduction du chômage des jeunes dont souffre la région.

Enfin, dans le cadre du plan de développement de Dikhil, il est également prévu de mettre en œuvre un volet de formation des jeunes pour les métiers de transit et de la machinerie du transbordement, dans l’objectif d’offrir des emplois à travers les différentes infrastructures portuaires.

Avec la concrétisation de ces projets, nous avons la conviction que l’avenir est plein d’espoir pour la région de Dikhil, tant dans les domaines économique et commercial qu’en matière de création d’emplois.

PROPOS RECUEILLIS PAR HAMADOU ALI

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