Action social

I.4 DIMENSIONS DE LA PAUVRETE

A l’instar du pays entier, la Région de Dikhil est caractérisée par une très grande pauvreté qui affecte de manière profonde d’importantes franges de la population. Environ 86% de la population vivrait près ou au-dessous du seuil de la pauvreté.

Des progrès considérables ont été enregistrés au cours des dernières années surtout en matière d’éducation. Cependant, force est de constater que de nombreux ménages connaissent une condition d’extrême vulnérabilité vis-à-vis des crises économiques et écologiques récurrentes. En appliquant à la région les taux nationaux, on peut estimer que le taux de mortalité des moins de 15 ans serait de 143 par 1000 naissances  et celui de la mortalité infantile de 100.

Des franges importantes de la population vivraient près ou au-dessous du seuil de la pauvreté (‘pauvreté relative’ et ’pauvreté extrême’, voir Encadré 3). En suivant les données nationales, cette pauvreté frapperait plus de 80% de la population, soit environ 8.000 ménages  Par ailleurs, comme partout à Djibouti, il y a une forte corrélation entre chômage et pauvreté : en effet, la pauvreté est la plus forte parmi les ménages dont les chefs sont des chômeurs, des travailleurs indépendants ou des inactifs.

Encadré 3 :   Les seuils de la pauvreté à Djibouti

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Au-delà des différences entre les systèmes de production locaux– qu’ils soient axés sur l’exploitation de le terre agricole, du cheptel animal ou de ressources halieutiques – ‘le pauvre’ à Dikhil est ainsi celui qui :

  • a perdu une partie importante du son cheptel (chèvres et dromadaires), n’arrive plus à nourrir sa famille ni à produire un revenu à partir de la pratique de l’élevage des animaux,
  • n’a pas les moyens financiers propres ni la capacité d’obtenir des financements lui permettant d’exploiter les ressources productives ou de reconstituer son troupeau ni enfin la force de travail nécessaire à leur exploitation,
  • n’a ni le savoir-faire ni la capacité financière pour entreprendre des activités économiques porteuses (petit commerce sur les axes routiers, industrie touristique, etc.),
  • n’a pas d’accès aux ressources productives disponibles ni de contrôle sur elles (surtout la terre fertile et l’eau pour l’irrigation), n’a pas les connaissances techniques appropriées permettant de les exploiter d’une manière durable et appropriée,
  • ne participe pas aux prises de décisions concernant les conditions matérielles affectant l’exploitation de ces ressources.

Par conséquent, la pauvreté locale a plusieurs dimensions, en particulier par rapport aux différents aspects du capital dont dispose la région :

fleche Par rapport au capital physique : Le manque d’infrastructures socio – communautaires et d’infrastructures productives et/ou l’incapacité des infrastructures existantes à répondre aux besoins de base des populations de manière satisfaisante. L’insuffisance des infrastructures hydrauliques de base, à la fois en terme de diversification et de couverture géographique des points d’eau.

fleche Par rapport au capital humain : L’insuffisance des services techniques déconcentrés de l’état et des services techniques régionaux dans leur rôle de fournir un appui-conseil approprié aux populations. L’absence de prestataires privés qualifiés et d’ONG capables d’offrir des services de qualité aux populations; et un taux très élevé d’analphabétisme (qui peut être estimé à environ 70%, comme dans le reste du pays).

fleche Par rapport au capital naturel : La sévérité des conditions climatiques, l’extrême faiblesse et irrégularité de la pluviométrie, la dégradation environnementale, le manque d’eau pour des cultures d’irrigation, les déficits chroniques en pâturages, la fréquence et l’incidence des maladies animales, le manque de terres cultivées et cultivables, l’absence de ressources ligneuses.

fleche Par rapport au capital financier : L’incapacité des populations à accéder au capital financier, à cause de la quasi-absence de structures bancaires et la faiblesse du réseau de micro finance (démarrage timide des activités de la caisse populaire d’épargne et de crédit).

fleche Par rapport au capital social : malgré l’existence du regroupement des réseaux associatifs, la vie associative ou l’expérience relative des associations existantes est faible. La faible organisation et rareté de groupements de producteurs, en particulier de groupements de femmes.